Le point le plus bas de la zone
Le bourg de Moirans se tient à 201 mètres, dans la plaine de l’Isère, à la jonction entre la vallée et l’entrée du Voironnais. C’est l’altitude la plus basse de nos trente-sept communes, et cela a des conséquences directes.
La commune s’est développée au confluent de la Morge, ce torrent qui descend du Voironnais et qui a donné son nom au lieu, et de l’Isère. Cette position de carrefour, aujourd’hui marquée par les grands axes routiers et ferroviaires, explique une croissance urbaine importante à partir des années 1960.
Ce que l’altitude basse change, en bien et en mal
En bien. La charge de neige à reprendre est la plus faible du secteur. Les arrêts de neige ne sont pas un sujet, les pentes admissibles sont plus souples, et le dimensionnement d’une charpente ou d’un carport y coûte mécaniquement moins cher qu’en piémont. Une toiture moirannaise n’a pas les contraintes d’une toiture de Chartreuse, et il serait absurde de la chiffrer comme telle.
En mal. Moirans se trouve au fond de la cuvette, à l’endroit où l’air chaud stagne. Le régime estival y est le plus dur de la zone. Et le bâti dominant, largement pavillonnaire et construit entre 1960 et 1990, est précisément celui qui gère le plus mal la chaleur : combles peu ou mal isolés, isolants légers posés pour l’hiver, ventilation de sous-toiture souvent inexistante.
Un bâti où domine le pavillonnaire récent
Le centre ancien conserve un noyau groupé autour de son église, avec du bâti de bourg dauphinois, des toitures à faible débord et des charpentes traditionnelles.
L’essentiel de la commune s’est cependant construit après 1960, avec une accélération dans les années 1970 à 1990. Ce parc présente des caractéristiques très homogènes, et c’est ce qui rend le diagnostic simple :
- charpente à fermettes industrielles, qui encombrent tout le volume des combles et interdisent leur aménagement sans étude de structure ;
- pentes modérées à faibles, à la limite basse de ce que la tuile mécanique admet ;
- écran de sous-toiture souvent absent sur les constructions les plus anciennes de cette série ;
- isolation d’origine en laine minérale de faible épaisseur, quand elle existe.
Ce parc arrive aujourd’hui en fin de premier cycle de couverture, entre quarante et soixante ans. C’est ce qui explique que la question de la réfection se pose massivement à Moirans en ce moment.
Ce que couvraient les toits d’ici
Sur le bâti ancien, Moirans se situe dans une zone où la tuile creuse est restée majoritaire, la tuile écaille dite dauphinoise n’apparaissant qu’un peu plus au nord-ouest, vers Tullins, selon les relevés de terrain publiés dans les années 1990 sur l’aire de cette tuile.
Mais soyons clairs sur les proportions : à Moirans, le bâti ancien est très minoritaire. L’essentiel de la commune s’est construit après 1960, et c’est la tuile mécanique, plate ou à emboîtement, qui couvre l’immense majorité des toitures. C’est donc sur ce matériau que se posent réellement les questions de réfection ici, davantage que sur le vernaculaire.
Les deux saisons moirannaises
L’hiver est le plus doux de la zone. La neige tient peu, le gel est présent mais moins agressif qu’en altitude, et la mousse se développe surtout sur les pans nord, comme partout. C’est la saison où l’on constate les désordres, pas celle qui les crée.
L’été est le vrai sujet, et il mérite d’être traité comme tel. La cuvette monte très haut en température en juillet et en août, et une maison de lotissement avec des combles aménagés sous une laine minérale de vingt centimètres devient inhabitable à l’étage.
Le levier technique est le déphasage, c’est-à-dire le temps que met la chaleur pour traverser l’isolant. Une chaleur qui met dix heures à passer arrive vers une heure du matin, quand on peut ouvrir et ventiler. En cinq heures, elle arrive à vingt heures, en pleine soirée, alors que l’air extérieur est encore chaud. C’est toute la différence entre une chambre utilisable et une chambre abandonnée deux mois par an.
Deux réponses complémentaires, à décider ensemble :
- un isolant dense, fibre de bois ou ouate de cellulose, qui offre 8 à 12 heures de déphasage pour 20 cm contre 4 à 6 heures pour une laine minérale ;
- une ventilation de sous-toiture effective, avec entrées d’air basses et closoirs ventilés en tête, qui évacue une part importante de la chaleur avant qu’elle n’atteigne l’isolant.
Urbanisme et aides
Moirans relève de la Communauté d’agglomération du Pays Voironnais, qui n’a pas de plan local d’urbanisme intercommunal en vigueur : c’est le PLU communal de Moirans qui s’applique, avec une instruction assurée par le service urbanisme mutualisé de l’agglomération.
Le guichet de conseil à la rénovation est Pays Voironnais Rénov’. C’est un interlocuteur différent de celui de Saint-Égrève ou de Sassenage, communes métropolitaines pourtant proches, qui relèvent de Mur|Mur. Cette distinction compte : les dispositifs, les conditions et les contacts ne sont pas les mêmes.
Ce que ça change concrètement pour votre toiture à Moirans. Si vous vivez dans un pavillon des années 1970 à 1990 et que vous envisagez une réfection, posez les deux questions au même moment : l’écran de sous-toiture, absent sur beaucoup de ces maisons, et l’isolation choisie pour l’été autant que pour l’hiver. Une couverture refaite sans avoir tranché la question de l’isolation, c’est une dépose qu’il faudra repayer.